ArafatLe VIe congrès du Fatah s’est tenu à Bethléem au début du mois d’août dernier. C’est la première fois que le Fatah tient son congrès en Palestine, le précédent ayant eu lieu à l’étranger en 1988. Ce choix du lieu du congrès, en territoires occupés, a d’ailleurs été contesté – un mouvement de libération peut-il se réunir sous occupation ? – d’autant plus qu’Israël a interdit la venue à Bethléem à bon nombre de congressistes de Gaza et de certains camps de réfugiés des pays voisins.

Mais le congrès s’est tenu devant le peuple palestinien et ce simple fait est positif. Car bon nombre de points sont négatifs : l’inflation du nombre de délégués dont on se demande comment certains ont été désignés, un fonctionnement du congrès fort peu démocratique, l’élection (ou la réélection) aux instances dirigeantes de personnages sulfureux et/ou corrompus… Cependant tout n’a pas été négatif : les débats ont remis en cause la manière dont les négociations ont eu lieu après le démarrage du processus d’Oslo. Ils ont légitimé la lutte armée (conformément au droit international) tout en soulignant les limites dans le contexte israélo/palestinien totalement asymétrique ; ils ont évoqué les autres formes de lutte, notamment la résistance non violente (cf Bil’in, Nil’in, al-Ma’sara…) ; un certain rajeunissement du Comité Central a eu lieu (même si la moyenne d’âge reste plus élevée qu’après le précédent congrès) ; de nouvelles personnalités y ont été élues, notamment Marwan Barghouti…

Ce congrès était indispensable au Fatah s’il voulait survivre en tant que mouvement politique de libération. Il a eu lieu. Mahmoud Abba – réélu à sa tête – a réalisé autour de lui un aggiornamento  comme le faisait Arafat avant lui (ce que M. Abbas avait plus d’une fois dénoncé !). Les instances dirigeantes nouvelles sont très composites, recouvrant tout le panel de la société palestinienne, des plus favorables aux compromis avec Israël aux plus opposés. Atout ou inconvénient pour le Fatah en 2009 ? Il est trop tôt pou le dire. Mais si le Fatah veut enrayer son déclin, il se doit de faire des propositions crédibles au peuple palestinien pour la création de l’Etat. Mais n’oublions pas que tout ne dépend pas de lui…