Tramway de JérusalemC’est en 2005 que la municipalité de Jérusalem a signé un contrat avec deux entreprises françaises, Alstom pour la fourniture des tramways, et Connex, filiale de Véolia, pour leur exploitation. Si le tracé de la ligne avait été situé à l’intérieur des limites internationalement reconnues de Jérusalem, celles d’avant 1967 (Jérusalem- Ouest), cela n’aurait posé aucun problème. Mais cette ligne relie Jérusalem-Ouest à des colonies illégales (Pisgat Ze’ev et Neve Ya’aqov) construites dans la partie occupée de la ville (Jérusalem-Est) ; elle ne peut donc que favoriser et renforcer la colonisation en facilitant l’accès des colons à Jérusalem-Ouest. Ce contrat équivaut à une reconnaissance de facto de l’annexion de la partie orientale de la ville : c’est une violation caractérisée du droit international (notamment de la 4ème convention de Genève et de plusieurs résolutions de l’ONU).

Dès 2006, des campagnes de protestation contre la construction de ce tramway colonial ont commencé (collectif national pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens, Association France Palestine Solidarité – AFPS -, CGT, Solidaires, Amnesty international…). Par la suite, l’AFPS (suivie de la Délégation Générale de l’Autorité Palestinienne en France) a porté plainte contre Alstom et Véolia. Cette plainte a été déclarée recevable par le tribunal de Nanterre au printemps 2009.

Des campagnes de protestation ont également eu lieu dans d’autres pays, mais Alstom maintient sa participation au projet et plusieurs tramways ont déjà été livrés, au dépôt de Jérusalem-Est, situé dans une colonie ! Véolia, qui a perdu récemment le contrat de gestion du réseau de transports en commun de Stockholm suite à une campagne menée sur la question du tramway colonial par des ONG suédoises (1,9 milliard d’euros !), envisage aujourd’hui de se retirer du projet de Jérusalem. C’est une première victoire et la dénonciation de ce tramway hors-la-loi doit continuer.