Rencontre à Tent of Nations près de BethléemÀ quelques kilomètres de Bethléem, nous avons passé une nuit sous des tentes dans une ferme palestinienne qui depuis près de 20 ans résiste aux tentatives d’expulsion au profit des colonies illégales toutes proches. Daoud Nassar qui mène la lutte avec d’autres fermiers et le soutien de volontaires internationaux nous a expliqué son combat.

Située entre la ligne verte et le mur, sa propriété achetée en 1916 par son grand’père sera coupée de Bethléem quand le mur sera fini. Entourée de colonies, Efrat à l’est, Neve Danyel au nord, Betar Illit et Eliezer à l’ouest, toute cette zone palestinienne a été expropriée par l’État d’Israël en 1991. Malgré 140 000 $ de frais de justice, la famille de Daoud n’a pu à ce jour retrouver ses droits. Leur ferme est menacée par les colons tout proches qui de temps en temps viennent arracher des arbres et tenter de construire une route pour installer une colonie sur ses terres. L’accès à l’eau est interdit : aucun puits ne peut être creusé et seule l’eau de pluie est précieusement accumulée dans des citernes souterraines. Aucune construction nouvelle n’est tolérée : même les tentes dans lesquelles nous avons dormi doivent disparaitre. Face à cela, les fermiers construisent des grottes sous terre : déjà sept sont finies pour abriter autant de familles.

Tent of Nations organise de nombreux camps pour des jeunes de Bethléem sur place : musique, peinture, mosaïque, histoire, environnement, écologie, respect de la terre, rendre créatif, montrer qu’ils ont des talents, et construire le futur pour leur redonner l’espoir afin qu’ils ne s’exilent pas. Une action vers les femmes des villages voisins est aussi menée : initiation à l’informatique pour les aider à devenir autonomes.

Pour finir, laissons la parole à Daoud : « Si nous ne restons pas lié à la terre, notre terre n’aura pas de futur. Nous encourageons tous les Palestiniens à faire la même chose dans les villages.  Un jour, on aura la justice ! »